BOCCRF
|
|
| |
N° 18 du 28 novembre 2002 |
Lettre du ministre de léconomie, des finances et de lindustrie en date du du 14 juin 2002 au conseil de la société MSA-Gallet, relative à une concentration dans le secteur des équipements de protection individuelle
NOR : ECOC0200394Y
Maîtres,
Par dépôt dun dossier dont il a été
accusé réception le 15 avril 2002, vous avez notifié
la prise de contrôle de la société CGF-Gallet par la société
MSA-Gallet, dans le secteur des équipements de protection individuelle.
La société MSA-Gallet est une société
anonyme simplifiée de droit français détenue à 100 %
par la société MSA-USA. La société MSA-USA contrôle
directement et indirectement 29 sociétés réparties
dans le monde. La société MSA-Gallet, holding financier créé
pour les besoins de la présente opération, a pour vocation de
détenir les titres des sociétés CGF-Gallet.
Le groupe MSA est actif sur le plan mondial dans le
secteur des équipements de protection individuelle et le secteur des
appareils de détection du gaz, ainsi que dans la fabrication de spécialités
chimiques. En Europe, le groupe nest actif que dans le secteur des équipements
de protection individuelle et équipements de détection du gaz
où lactivité des filiales présentes dans tous les
Etats membres de lUnion européenne est organisée par la
filiale allemande du groupe, MSA Europe GmbH. En France, le groupe MSA nétait,
avant lopération, présent quà travers sa filiale
française.
Le groupe MSA a réalisé en 2000 un chiffre
daffaires mondial consolidé de 500 millions de dollars, dont
99 millions ont été réalisés en Europe. Les
ventes en France se sont élevées à 6 millions deuros.
CGF-Gallet est une société anonyme de
droit français, cotée au second marché de la Bourse de
Paris. Avant lopération, les membres de la famille Gallet détenaient
77,6 % du capital social, le public 20,6 % et le 1,8 % restant
était détenu par dautres actionnaires. CGF-Gallet est un
holding financier qui gère les participations dans les différentes
sociétés du groupe. Le groupe est composé de six filiales,
dont une est située en France (Gallet SA), une aux Pays-Bas (Gallet
International BV), une aux Etats-Unis (CGF Helmets Inc.), deux au
Canada (Gallet Sécurité Internationale et Gallet Investment) et
une au Maroc (Gallet Protection).
Le groupe Gallet fabrique et commercialise essentiellement
des casques destinés à protéger la tête contre différents
risques. Le chiffre daffaires consolidé du groupe Gallet sest
élevé en 2000 à 29,5 millions deuros, dont 17 millions
sont issus des ventes réalisées en France.
Lacquisition de la société CGF-Gallet
doit se dérouler en deux étapes ; tout dabord, lachat
des titres détenus par les membres de la famille Gallet et, ensuite,
lacquisition des titres restants par le biais dune offre publique
dachat. Lopération permet ainsi au groupe MSA de prendre
le contrôle exclusif du groupe Gallet et constitue à ce titre une
opération de concentration au sens de larticle L. 430-2
du code de commerce, dans sa rédaction antérieure à la
loi no 2001-420 du 15 mai 2001 relative aux nouvelles
régulations économiques.
Lopération nétant pas contrôlable
en termes de chiffre daffaires, il convient de définir les marchés
pertinents.
Le secteur des appareils de détection doit être
tout dabord distingué du secteur des équipements de protection
individuelle en raison de la différence dusage des produits proposés :
les appareils de détection sont utilisés pour localiser et identifier
les différentes sources de risques, tandis que les équipements
de protection individuelle sont destinés à protéger le
corps humain face à ces risques.
Au sein de la catégorie des appareils de détection,
le groupe MSA commercialise essentiellement en France des appareils de détection
de gaz, qui représentent [60-70 %] des ventes de sa filiale française.
Il pourrait être envisagé de distinguer deux marchés pertinents
distincts dappareils de détection de gaz :
- le marché des appareils de détection
fixes qui nécessitent une installation complexe et onéreuse dans
des lieux à risques (sites industriels) ;
- le marché des appareils de détection
portables, beaucoup moins coûteux, transportables, utilisés ponctuellement
dans des circonstances particulières (industries pétrolières
ou chimiques).
Toutefois, que lon considère un marché
global des appareils de détection de gaz ou que lon retienne deux
marchés distincts, on observe que, quelle que soit la délimitation
retenue, MSA réalise au maximum [0-10 %] des ventes en France. Dès
lors, quelle que soit la délimitation de marché que lon
retient, les conclusions de lanalyse demeureront inchangées.
Au sein de la catégorie des équipements
de protection individuelle, il convient également de définir différents
marchés pertinents en fonction de la partie du corps quil sagit
de protéger (tête en général, visage, yeux, oreilles,
mains, membres, etc.) et en fonction de la nature des risques auxquels les personnes
peuvent être exposées (températures basses ou élevées,
chocs, projectiles, balles, émanations toxiques, projections diverses,
etc.).
Au sein de cette catégorie déquipements,
le groupe MSA se positionne en France essentiellement sur les appareils respiratoires,
qui représentent [20-30 %] de ses ventes. Deux marchés pourraient,
le cas échéant, être distingués, dans la mesure où
les produits ne répondent pas aux mêmes besoins et sont destinés
à des utilisateurs différents :
- le marché des appareils respiratoires filtrants, utilisés
dans le secteur de lagriculture, dans les ateliers de peinture et dans
lindustrie en général ;
- le marché des appareils respiratoires isolants, utilisés
par les professionnels de la sécurité civile, les forces armées
ou de maintien de lordre, ainsi que les industries chimiques pétrolières
et dassainissement.
La part de marché du groupe MSA sur le territoire
français est de [0-10 %] en matière dappareils respiratoires
filtrants et de [0-10 %] en ce qui concerne les appareils respiratoires
isolants. Il nest donc en tout état de cause pas nécessaire
de délimiter plus précisément les marchés, dans
la mesure où, quelle que soit la définition de marché que
lon retient, les conclusions de lanalyse demeureront inchangées.
Le groupe Gallet, quant à lui, fabrique et commercialise
quatre types de casques :
- des casques de lutte contre le feu ;
- des casques de maintien de lordre ;
- des casques de combat ;
- des casques destinés à laéronautique.
Ces casques ne sadressent pas aux mêmes utilisateurs
et protègent contre des risques de natures tout à fait différentes.
En conséquence, il convient de considérer que les quatre types
de casques correspondent à des marchés de produits distincts.
Il convient de souligner que le marché des casques
de pompiers est composé de deux segments distincts que sont les casques
de lutte contre le feu en zone urbaine (casques F 1 en France) et
de lutte contre les feux de forêt (casques F 2). Il ne semble
néanmoins pas nécessaire de définir des marchés
distincts en fonction de ces deux types de casques, dans la mesure où
lanalyse des marchés serait identique dans les deux cas.
Le groupe Gallet commercialise également des
accessoires (lampes, systèmes de communication) qui peuvent faire lobjet
dune demande séparée ou qui peuvent être directement
intégrés aux casques à la demande des clients. La plupart
du temps, les accessoires sont directement intégrés aux casques,
ce qui conduit à considérer quil nest pas nécessaire,
pour lanalyse de la présente opération, de distinguer le
marché des accessoires de celui des casques.
Le groupe Gallet ayant réalisé plus de
[70-80 %] des ventes en France de casques de pompiers, de police et de
combat, lopération est contrôlable au sens de larticle L. 430-1
du code de commerce, dans sa rédaction antérieure à la
loi no 2001-420 relative aux nouvelles régulations
économiques.
1. Les marchés des casques de pompiers
Selon la partie notifiante, la dimension géographique des marchés de casques de pompiers serait européenne, sinon mondiale, en raison de linternationalisation des normes de sécurité et de louverture de la pratique des appels doffres au niveau européen et mondial. Cette affirmation est fondée sur le critère de la substituabilité de loffre, dans la mesure où les principaux concurrents sont capables de sadapter aux différentes normes en vigueur.
Toutefois, lexamen des parts de marché en Europe montre que les opérateurs se répartissent entre les différents pays avec, dans la plupart des cas, de fortes disparités de la structure de la concurrence entre les différents marchés. Gallet détient des parts de marché très importantes dans plusieurs pays de lUnion européenne (Belgique, Luxembourg, Espagne, Pays-Bas), mais reste encore relativement faiblement représenté dans dautres, notamment lAllemagne et la Grande-Bretagne.
Cette structure fortement cloisonnée sexplique pour plusieurs raisons.
En premier lieu, la demande sexprime de manière très différente dun Etat à lautre. En France, les achats de matériels et déquipements et donc de casques de pompiers sont effectués par appels doffres communautaires au niveau départemental par les directions départementales dincendie et de secours (DDSIS). Dans certains pays, les achats peuvent être effectués de façon plus centralisée. Dans dautres pays, la demande peut, au contraire, être plus localisée. Cet élément contribue à renforcer lidée selon laquelle les conditions dans lesquelles sexerce la concurrence sont sensiblement différentes dun pays à lautre.
En second lieu, les traditions et les exigences locales par rapport au produit demandé peuvent être également très différentes. La France se caractérise notamment par la volonté de la direction de la défense et de la sécurité civiles dharmoniser luniforme des sapeurs-pompiers sur lensemble du territoire et dimposer des normes de sécurité supplémentaires. Il en résulte que des normes différentes peuvent être mises en uvre dun pays à lautre. Ainsi, malgré un niveau minimum de sécurité commun à tous les Etats de lUnion européenne, la demande française se distingue dans la mesure où un casque utilisable en Allemagne ne pourra pas être utilisé en France. Cela constitue une forte barrière à lentrée sur le marché français.
En dernier lieu, la partie notifiante relève elle-même que les différents marchés nationaux de casques de pompiers sont inégalement dynamiques. Le nombre de casques commandés peut varier très fortement dun pays à lautre pour des raisons diverses, comme par exemple le nombre de professionnels de la sécurité par rapport à la population, la mise en conformité plus ou moins tardive avec les normes minimales communautaires de sécurité, le rythme des départs en retraite des pompiers, etc. Les effectifs français de pompiers comptent aujourdhui environ 240 000 intervenants dont la plupart sont déjà équipés. Le marché français se réduit à un marché de renouvellement et de pièces détachées, ce qui nest pas nécessairement le cas de marchés géographiques voisins, comme par exemple celui de lAllemagne.
Les barrières à lentrée sur les marchés nationaux et la variation des conditions de concurrence qui y règnent conduisent donc à penser que la dimension géographique du marché pertinent des casques de pompiers est nationale, en tout cas pour ce qui concerne la France, quand bien même certains opérateurs, dont Gallet, seraient à même dexporter leurs produits dans le monde entier.
Sur ce marché français des casques de pompiers, la part du groupe Gallet est de [90-100 %].
Cette forte part de marché sexplique en particulier du fait que Gallet a été choisi en 1982 par la brigade des sapeurs-pompiers de Paris pour mener les études nécessaires au développement dun équipement complet de protection de la tête. Gallet a donc été la seule entreprise retenue pour développer des modèles correspondant aux exigences des pompiers.
Lharmonisation de la tenue des pompiers a conduit ensuite à imposer le casque Gallet à lensemble des pompiers français par lintermédiaire dun arrêté fixant les tenues des sapeurs-pompiers. Ce texte contenait notamment en annexe des clauses techniques particulières très détaillées et très proches du modèle Gallet. Le dépôt de brevets correspondant à ces modèles a empêché les concurrents de Gallet de pénétrer par la suite sur le marché français. Les barrières à lentrée du marché français des casques de pompiers sont donc particulièrement importantes et ont placé Gallet en position dominante pendant [...].
Le réseau de distribution des casques de pompiers contribue à confirmer que le marché des casques de pompiers en France est particulièrement fermé et peu concurrentiel.
La grande majorité des ventes de casques de pompiers Gallet seffectue par lintermédiaire de distributeurs indépendants, en France comme à létranger.
Cinq distributeurs sont présents sur le marché français. Ils sont liés à Gallet par des contrats qui contiennent des clauses dapprovisionnement exclusif et de non-concurrence. Ils ne peuvent donc pas distribuer dautres casques que ceux de Gallet. Ces distributeurs se font en principe concurrence lors des appels doffres lancés par les DDSIS. Force est néanmoins de constater quaucun dentre eux ne couvre lensemble du territoire et que chacun dispose ainsi dune zone géographique où il est historiquement davantage présent que les autres.
Les ventes à létranger passent également par des distributeurs par pays. Ils bénéficient du statut dimportateur/distributeur exclusif de casques Gallet sur le territoire où ils sont présents. Ils achètent à Gallet et distribuent des casques généralement adaptés à leurs propres marchés. Les tests de marché ont confirmé quils ne soumissionnent jamais en France aux appels doffres des DDSIS. Ce dernier élément tend à confirmer que les barrières à lentrée sur le marché français sont particulièrement élevées.
Lopération permet aujourdhui à Gallet de renforcer ses capacités de recherche et de favoriser son expansion sur le plan européen et mondial. Il faut à ce titre souligner que le groupe MSA a par ailleurs récemment acquis le leader américain en matière de casques de pompiers, la société Cairns & Brother Co, qui détient une part de [60-70] % du marché nord-américain des casques de pompiers. Cette précédente opération a entraîné la disparition dun entrant potentiel sur les marchés français et européen. De plus, le groupe MSA contrôlera dorénavant les deux leaders américain et européen en matière de casques de pompiers.
Cependant, les brevets dont bénéficie le groupe Gallet concernant la structure essentielle des casques mis au point en 1982 et 1983 sont sur le point de tomber dans le domaine public en 2002 pour le casque destiné aux feux en zones urbaines et 2003 pour le casque destiné aux feux de forêt. Il sensuit que les concurrents pourront désormais sinspirer de ces modèles pour proposer des casques de qualité tout à fait comparable. Cet élément devrait contribuer à atténuer les barrières à lentrée très fortes, voire insurmontables, que lon observe aujourdhui sur le marché français.
En outre, il convient de souligner que la direction de la défense et de la sécurité civiles a adopté au cours de lannée 2000 un nouvel arrêté relatif aux tenues, insignes et attributs des sapeurs-pompiers. Ce texte saccompagne, en annexe, de notes dinformations techniques relatives aux équipements et en particulier aux casques. Ces notes ont fait lobjet dune très récente révision destinée à permettre à dautres fabricants de casques de proposer des produits légèrement différents de ceux de Gallet, en particulier en ce qui concerne les matériaux utilisables. Cette révision contribue également à ouvrir davantage les possibilités dentrée sur le marché français.
En outre, MSA-Gallet sest engagé à renoncer aux clauses dapprovisionnement exclusif et aux clauses de non-concurrence prévues dans les contrats entre la société Gallet et les distributeurs pour une durée de dix ans. Dès lors, les concurrents de Gallet auront la possibilité daccéder au réseau français de distribution de Gallet. Ce dernier élément, conjugué aux deux précédents, est de nature à faciliter lentrée de concurrents crédibles présents sur des marchés géographiques voisins (Schubert, Rosenbauer, Pacific Helmets, etc.).
En conséquence, louverture progressive du marché français à la concurrence étrangère, et en particulier européenne, qui résultera de larrivée à échéance des brevets de Gallet et de louverture des réseaux de distribution découlant de lengagement souscrit, est de nature à compenser la disparition du concurrent potentiel que représente Cairns Helmet, actuellement présent uniquement aux Etats-Unis.
Il résulte de ce qui précède que la position dominante de la société Gallet sur les marchés des casques de pompiers, préexistante à lopération, ne sera pas renforcée à la suite de lacquisition de Gallet par MSA.
2. Les marchés des casques de police et de combat
Les variations de parts de marché en matière de casques de police et de combat des différents opérateurs entre les principaux pays européens sont également très importantes, ce qui va dans le sens dune délimitation nationale des marchés géographiques. Les parts de marché de Gallet en France sont de [80-90 %] pour ce qui est des casques de police et de [90-100 %] pour ce qui concerne les casques de combat.
Les marchés géographiques des casques de police et de combat seraient également de dimension nationale, dans la mesure où les produits doivent sadapter à une demande nationale différenciée.
A la différence des casques de pompiers, la demande en France est particulièrement concentrée puisquelle sexerce directement par le ministère de lintérieur, par lintermédiaire de la direction générale de la police nationale (DGPN) pour les casques de police et le ministère de la défense, par lintermédiaire du service central détudes et de réalisation du commissariat de larmée de terre (SCERCAT), pour les casques de combat.
Les parts de marché sont fortes car ces achats sont centralisés et font lobjet dappels doffres qui donnent lieu à des contrats de fourniture sur des durées assez longues, du fait de lexigence dhomogénéisation de léquipement.
En revanche, les études relatives aux innovations concernant ces casques sont menées par les services du ministère de la défense ou de lintérieur, aucun brevet na été déposé par Gallet sur ses modèles de casques de police ou de combat. Cela pourrait permettre aux concurrents potentiels de présenter des offres plus facilement que sur le marché des casques de pompiers, ce qui a été confirmé par les acheteurs. Ces derniers estiment en outre disposer dune puissance dachat suffisante pour contrebalancer la forte position de Gallet sur le marché français ou susciter, en tant que de besoin, de nouvelles offres en provenance de pays étrangers.
Les marchés des casques de police et de combat apparaissent donc plus disputables que le marché des casques de pompiers, en dépit de la forte position de Gallet sur ces marchés.
Le groupe MSA nest, pour sa part, pas présent sur les marchés de casques de police et de combat en France, ni davantage en dehors de la France.
En conséquence, lopération ne renforce pas la position que Gallet détenait auparavant sur ces marchés.
3. Les marchés des casques aéronautiques
La part de marché de Gallet ne dépasse pas [0-10 %], que ce soit en France ou en dehors de la France. La société américaine Gentex y occupe une position prépondérante sur le plan mondial, la société Gueneau Optique Scientifique étant par ailleurs le premier opérateur français. MSA est absent de ce marché. En conséquence, lopération nest pas de nature à porter atteinte à la concurrence sur ce marché, sans quil soit besoin den définir plus avant la dimension géographique.
4. Les marchés des détecteurs de gaz
La part de marché de MSA
atteint environ [10-20 %] du marché nord-américain des appareils
de détection de gaz portables ou fixes. En matière dappareils
de détection fixes, la part de MSA ne dépasse pas [0-10 %]
en Europe et [0- 10 %] en France. En ce qui concerne les appareils
de détection portables, MSA natteint pas [0-10 %] du marché
européen et [0- 10 %] du marché français.
Que ce soit sur le marché européen ou
français, MSA fait face à des concurrents sérieux, mieux
placés en termes de parts de marché, comme Dräger, Zellweger
et Oldham pour ce qui est appareils fixes et Dräger, Neotronics et Crowcom
pour les appareils portables.
Gallet étant absent de ces marchés, lopération
ne conduit pas à des chevauchements. Compte tenu des parts peu élevées
de MSA par rapport à ses concurrents directs en Europe et en France et
dun lien de connexité relativement faible entre les marchés
de casques où Gallet est en position dominante et les marchés
des appareils de détection de gaz, lopération nest
pas de nature à porter atteinte à la concurrence sur les marchés
des appareils de détection de gaz, sans quil soit besoin den
définir davantage la dimension en termes de produits ou géographique.
5. Les marchés des appareils respiratoires
Sur les marchés des appareils respiratoires, MSA détient des parts de marché nettement plus faibles en Europe quen Amérique du Nord. Il se positionne loin derrière les principaux opérateurs, aussi bien sur le plan français queuropéen. On peut également constater que les parts de marché de ces derniers varient sensiblement dun pays à lautre, ce qui tendrait à démontrer que les marchés sont plutôt nationaux, en tout cas en ce qui concerne la France et lAllemagne.
Lopération nentraîne aucun chevauchement horizontal sur ces marchés dans la mesure où Gallet ne fabrique ni ne commercialise dappareils respiratoires.
Néanmoins, force est de constater la forte complémentarité qui peut exister entre les appareils respiratoires et les casques de protection utilisés par les professionnels de la sécurité, notamment les pompiers dans la lutte contre le feu, mais également la police, la gendarmerie ou larmée dans des circonstances particulières (dispositifs anti-émeutes, alertes bactériologiques, gaz toxiques, etc.).
Loffre dune gamme complète déquipements de protection peut constituer un avantage concurrentiel substantiel. Selon les résultats des tests effectués auprès des opérateurs du marché, la demande aurait tendance à préférer navoir à sadresser quà un seul fournisseur pour obtenir un assortiment de divers équipements complémentaires de protection.
Dans cette perspective, certains opérateurs ont souligné que le casque exercerait un fort pouvoir dattraction vers les autres produits de la gamme, doù limportance pour les fabricants déquipements de protection individuelle, notamment dappareils respiratoires, ou pour les distributeurs de disposer dun casque de grande qualité dans leur catalogue pour pouvoir mieux écouler les autres produits de la gamme.
[...]
Lopération comporterait donc un premier risque dans la mesure où le nouvel ensemble pourrait utiliser leffet de levier résultant de sa position dominante sur trois des marchés de casques pour initier une stratégie déviction de ses concurrents sur les marchés des appareils respiratoires.
Cet argument doit toutefois être nuancé, en tout cas en ce qui concerne le marché français. En effet, les achats des DDSIS, de la police, de la gendarmerie et de larmée dépassent de façon systématique les seuils impliquant la passation de marchés publics européens. Le code des marchés publics ne permet pas dinclure dans un même lot des appareils respiratoires, qui font partie de léquipement non personnalisé, et des casques qui font partie de léquipement personnel de chaque intervenant. En conséquence, il est difficile dinciter, au moyen de remises de gamme, les utilisateurs finaux à acheter des appareils respiratoires MSA en complément de casques Gallet.
En revanche, il reste possible pour MSA-Gallet dintervenir au niveau des distributeurs pour les décourager de proposer des produits concurrents de ceux de MSA.
En premier lieu, le nouvel ensemble pourrait imposer aux distributeurs qui veulent distribuer des casques Gallet de ne distribuer que des appareils respiratoires MSA. Mais dans la mesure où MSA-Gallet sest engagé à renoncer à toute clause dapprovisionnement exclusif, les distributeurs demeurent libres de sapprovisionner en appareils respiratoires auprès dautres fabricants, sur une période de dix ans.
En second lieu, MSA-Gallet peut encourager les distributeurs à préférer son offre globale portant sur des casques et tout autre produit MSA en accordant des remises de gamme telles que le distributeur sera à même de les répercuter au moment de la soumission aux appels doffres. Cette stratégie conduirait rapidement à évincer tout concurrent qui ne serait pas en mesure de proposer le même type doffre couplée aux distributeurs. Cette seconde difficulté est levée dans la mesure où MSA-Gallet sest engagé à naccorder aucune remise subordonnée à lachat de casques Gallet à ses différents clients sur le marché français pendant une durée de dix ans.
On relève par ailleurs que la complémentarité des fonctions du casque et de lappareil respiratoire implique également une certaine compatibilité technique. Le degré de compatibilité est dautant plus important lorsque les acheteurs désirent que lappareil respiratoire soit fixé directement sur le casque, de façon quil soit possible de mettre en place le masque sans avoir à retirer le casque. Dans ce cas, lappareil respiratoire est fixé en quelques secondes grâce à un dispositif spécifique. Gallet a développé plusieurs types de dispositifs en fonction de la demande des fabricants dappareils respiratoires. En conséquence, Gallet fabrique et vend aux fabricants dappareils respiratoires des kits dont il détient les brevets, permettant de fixer leurs appareils sur ses casques.
Il pourrait exister un risque que MSA cherche à mettre en difficulté ses concurrents, par exemple en augmentant de manière non justifiée le prix de la partie mâle des kits de fixation ou en augmentant les délais de livraison de cette partie aux fabricants.
Afin déliminer ce risque, MSA-Gallet sengage, dune part, à continuer à vendre, à des conditions équitables et non discriminatoires, aux fabricants dappareils respiratoires concurrents de ceux fabriqués par MSA et distribués sur le territoire français, les attaches existantes permettant la fixation des appareils respiratoires aux casques fabriqués par Gallet. MSA-Gallet sengage, dautre part, à accorder à tout fabricant dappareils respiratoires qui en ferait la demande une licence de fabrication des attaches existante encore protégées par un brevet en cours de validité, dont le dépôt serait antérieur à la date de la décision du ministre, à des conditions équitables et non discriminatoires, et ce pour le seul territoire français. Pour éviter que ce second engagement ne soit retardé ou non suivi deffet, MSA-Gallet sengage, enfin, à ce que tout litige relatif aux conditions doctroi de telles licences, notamment sur le montant de la redevance, soit soumis à une instance arbitrale indépendante choisie dun commun accord avec le demandeur.
Ces trois derniers engagements, souscrits pour une période de dix ans, correspondant à la durée dutilisation estimée dun casque, sont de nature à garantir aux concurrents de MSA que leurs appareils respiratoires resteront compatibles avec les casques Gallet dans leur conception actuelle.
Ces engagements garantissent le maintien dune concurrence effective sur les marchés français des appareils respiratoires sans toutefois restreindre la capacité dinnovation de la nouvelle entité dans le développement de nouveaux procédés protégés de fixation pour ses propres appareils respiratoires ou pour ceux de concurrents. En outre, les brevets portant sur la partie femelle du système de fixation, intégrée au casque, arrivant à expiration en 2002, les fabricants dappareils respiratoires concurrents de la nouvelle entité auront la possibilité de développer leurs propres systèmes de fixation, compatibles avec les casques Gallet.
Les engagements souscrits ne font par ailleurs pas obstacle à la capacité de la nouvelle entité de développer un produit intégré, associant casque et appareil respiratoire, qui serait le fruit de la capacité dinnovation générée par lopération. Ce dernier point constitue un élément de progrès économique, découlant directement de lopération notifiée.
En conclusion, il ressort de ces éléments que lopération entre le groupe MSA et le groupe Gallet, notifiée le 15 avril 2002, nest pas de nature à porter atteinte à la concurrence, notamment par création ou renforcement de position dominante, sur les différents marchés concernés, sous réserve de lexécution des engagements souscrits. Je vous informe donc quil nest pas dans mon intention de saisir le Conseil de la concurrence de cette opération.
Je vous prie dagréer, Maîtres, lexpression de mes sentiments les meilleurs.
|
Le ministre de léconomie, des finances
et de lindustrie,
Pour le ministre et par délégation : Le directeur de cabinet, Xavier Musca |
Nota. - A la demande des parties notifiantes, des informations relatives au secret des affaires ont été occultées et les parts de marché remplacées par des fourchettes.
|
© Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie - DGCCRF - 13 décembre 2002 |